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10/05/12
 
 

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Christian Saint-Paul recommande la lecture des revues suivantes :

Pages Insulaires n° 24 couverture de Cathy GARCIA sommaire d’une haute tenue comme toujours, articles de fond et notes de lecture soignées qui rendent compte de l’effervescence des parutions poésie actuelles.  Le n° 5 €, l’abonnement  (6 numéros) 20 € à adresser à Jean-Michel BONGIRAUD,  3 Impasse du Poirier  39700  Rochefort-sur-Nenon. Lecture de l’éditorial de Jean-Michel BONGIRAUD.

404ème  Encres Vives numéro consacré à Jacques LOVICHI qui y publie un recueil fourni : « Au Revoir et Merci » ; lecture d’extraits.

405ème  Encres Vives consacré à Michel CAZENAVE qui y publie « Le Pas de la Colombe ».

406ème Encres Vives numéro spécial de la nouvelle collection créée par Michel COSEM « Arrêt sur image » et ayant pour sujet Chantal DAJOU « Des îles et des montagnes ou Chemins de poésie et de prose » poèmes/romans avec Yves Artufel, Michel Baglin, Roger Gonnet, Claude Haza, Jacmo,Gaelle Josse, Jean Joubert, Gilles Lades, Monique W. Labidoire, Jean-Claude Villain. Un éclairage radieux sur l’œuvre de ce membre du comité de rédaction d’Encres Vives.

Chaque revue 6,10 €, abonnement 12 volumes 34 € à adresser à Michel Cosem, 2 allée des Allobroges, 31770 Colomiers.

 

En clin d’œil à Michel COSEM et à Gilles LADES, entre autres, très attachés aux lieux qui sont pour eux sources de création, Saint-Paul signale la parution aux éditions Gallimard du dernier livre de poèmes de Xabi MOLIA « Le contraire du lieu » ; La poésie est le contraire du lieu proclame-t-il. Lecture d’extraits.

 

Enfin Saint-Paul attire l’attention sur la création poétique en langue espagnole, passionnante et recommande la lecture d’un recueil enfin traduit en français de Juan Antonio GONZALES IGLESIAS « Ceci est mon corps » Circé éditeur 175 p, 15 €. Lecture d’extraits.

 

L’émission est ensuite consacrée au dernier livre de poésie du poète écrivain marocain de langue française, membre de l’Académie Goncourt,

Tahar BEN JELLOUN « Que la blessure se ferme » Gallimard  135 p, 14 €.

Rappel rapide de la biographie de cet auteur mondialement connu : né à Fès au Maroc le 1er décembre 1944, études au lycée français de Tanger, à l’Université Mohammed V de Rabat en philosophie ; enseignement de cette matière au Maroc jusqu’en 1971 et exil dès 1971 en France à Paris où il poursuit des études jusqu’à un doctorat de psychiatrie sociale.

Nombreuses publications, Prix Goncourt en 1987 pour « La Nuit sacrée » qui prolongeait son roman précédent « L’Enfant de sable ». Poète contestataire au Maroc sous Hassan II, il est aujourd’hui traduit dans la quasi-totalité des langues du monde. Il poursuit inlassablement son combat pour la liberté et contre le racisme.

Ses derniers poèmes le renouvellent et contiennent la même violence émotionnelle que ses précédents recueils. Lecture d’extraits en particulier le poème « Le désamour » véritable règlement de compte avec son épouse, lecture précédée de « Que serais-je sans toi » poème d’Aragon chanté par Jean Ferrat cité dans ce texte ; lecture de « Amine, mon fils trisomique ».

Un livre génial ! A lire d’urgence.

 

 
 
03/05/12

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Christian Saint-Paul consacre l’émission exclusivement à Thierry METZ.

Deux précédentes émissions avaient permis à Isabelle LEVESQUE et à Daniel MARTINEZ d’informer les auditeurs sur la publication de deux livraisons de la revue DIERESE (les n° 52/53 et 56) recensant textes, lettres, poèmes, entretiens et analyse de l’œuvre majeure de ce poète prématurément disparu (1956  1997).

Ce soir c’est la lecture de larges extraits de :

Journal d’un manœuvre, préface de Jean Grosjean  Gallimard collection L’Arpenteur, qui est choisie.

Au préalable Saint-Paul lit un extrait de l’entretien accordé par Thierry METZ à la revue Festin le 17 juillet 1990 à Agen « Propos d’un manœuvre » en écho à ce livre et reproduit pages 113 et suivantes dans le n° 52/53 de la revue DIERESE.

Ces deux volumes de DIERESE (le n° 15 € abonnement 38 €) sont à commander à Daniel Martinez 8 avenue Hoche 77330 Ozoir-la-Ferrière ; lecture hautement recommandée comme tous les livres de Thierry METZ !

(voir bon de commande)

 

 

 
 
26/04/12
 
 

Daniel MARTINEZ

 
 
 

Christian Saint-Paul rappelle que les éditions Caractères vont publier l’œuvre complète de Bruno DUROCHER (voir page d’accueil ou rubrique « Parutions »). Le 1er tome « A l’image de l’homme »  1040 p, 36 € regroupe la création poétique de l’auteur et sera disponible dès le 30 avril. Lecture d’un poème extrait du recueil « effacement du cercle ».

Daniel MARTINEZ, poète, éditeur, revuiste est joint au téléphone. Il vient parler du travail réalisé avec la collaboration d’Isabelle LEVESQUE pour la parution du n° 56 de la revue DIERESE

(voir bon de commande) qui est consacré pour la deuxième fois (n° 52/53) au poète Thierry METZ (1956  1997).

En effet, il est aujourd’hui établi que l’œuvre de ce poète est une œuvre majeure dans l’histoire de la poésie du XXème siècle. Les auteurs (Sophie Avon, Gérard Bocholier, Raymond Bordes, Michel Bourçon, Lionel Bourg, Gérard Bourgadier, Denis Castaing, Jean-Pierre Chambon, Éric Dazzan, Bertrand Degott, Pierre Dhainaut, Bernadette Engel-Roux, Christian Estèbe, Gilles Lades, Isabelle Lévesque, Daniel Martinez, Lionel Mazari, Gaetano Persechini, Hervé Planquois, Nathalie Riera, Jean-Marc Sourdillon, Joël Vernet, Muriel Verstichel, Christian Viguié…) qui ont participé à cet important dossier dirigé par Martinez et Lévesque  publié dans ce n° 56, le démontrent. Mais il importe de donner à lire cette œuvre car, elle n’aura sa consécration que par le lecteur selon la pensée de Pierre REVERDY : « L’œuvre est un rendez-vous. Ce n’est pas son âme que l’auteur vous doit mais sa présence – si vous y ajoutez la vôtre et du vôtre l’œuvre vivra. Car il n’y a pas seulement la sincérité de l’auteur que l’on exige- il y a aussi celle du lecteur à laquelle on ne pense pas. »

Certainement de son vivant Thierry METZ aura été un grand poète méconnu. Et pour reprendre la pensée de REVERDY répondant à la question de BAUDELAIRE : « Qu’est-ce que c’est qu’un grand homme méconnu ? » : « C’est comme un arbre dont les branches constamment taillées et retaillées le laisseraient se développer d’abord tout en racines. L’épanouissement en hauteur n’en serait que plus luxuriant après – mais ceci n’est dit que pour l’œuvre. De l’homme, autant dire, évidemment, que ce n’est rien. »

Daniel MARTINEZ lit la carte manuscrite de Christian BOBIN qui figure en tête du n° 52/53 de DIERESE :

Cher Daniel Martinez

                        la mort,

parfaite lectrice, secoue les

livres afin qu’en tombe ce

qui les encombrait. Ce travail du crible, Thierry

Metz l’a fait de son vivant.

Ses mots ont l’éclat d’une

poignée de sel – comme à

cette époque ancienne où

le sel était la monnaie

qui ne ment pas.

            Amicalement,

signé Christian Bobin

Lecture ensuite de poèmes de Joël VERNET extraits du n° 56 dédiés à T. METZ.

Lecture de la préface d’Isabelle LEVESQUE du Carnet d’Orphée et autres poèmes (éditions Les Deux-Siciles 12 € 73 p à commander à la même adresse que la revue Diérèse). Daniel MARTINEZ explique la genèse de cette publication.

Lecture de poèmes inédits de Thierry METZ qui figurent dans le n° 56 de la revue.

Puis en évocation de Thierry METZ :

Lecture de poèmes d’Isabelle LEVESQUE «  C’est tout c’est blanc » qui figurent dans le n° 56 de la revue.

Lecture d’un poème de Françoise HAN « Le temps ne lui a pas creusé une absence » paru dans le n° 52/53.

Lecture d’un poème de Lionel BOURG « Salut public » extrait du n° 56.

Toutes ces voix affirment que la parole de Thierry METZ ne se taira plus désormais puisqu’elle est universelle et éternelle.

Un numéro de la revue DIERESE à ne pas manquer !

(Le n° 15 € abonnement 38 € à Daniel Martinez 8 avenue Hoche 77330 Ozoir-la-Ferrière)

 

 
 
12/04/12
 
 

Bruno DUROCHER (1919 – 1996)

 

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Christian Saint-Paul signale la parution d’une autre anthologie de poètes algériens de langue française : « Quand l’amandier refleurira » établie par Samira NEGROUCHE publiée aux Editions de L’Amandier  www.editionsamandier.fr collection Poésie, avec des encres de Hamid TIBOUCHI, 59 P, 10 € ; aux côtés des anciens nés dans les années 30, cette petite anthologie (11 auteurs) fait entendre des voix qui sont celles de l’Algérie d’aujourd’hui qui fera l’Algérie de demain. Ces poètes de la jeunesse développent une grande vitalité en étant néanmoins les descendants des voix incontournables comme Mohamed DIB ou Tahar DJAOUT ou même Jean SENAC. Lecture de poèmes de Samira NEGROUCHE.

On retrouve trois de ces poètes dans l’épaisse anthologie de la poésie algérienne en langue française « Quand la nuit se brise » dirigée et présentée par Abdelmadjid KAOUAH éditions POINTS www.lecerclepoints.com 295 p, 7,80 €. Les deux ouvrages se complètent et une émission leur sera bientôt consacrée.

 

L’essai de Jean-Michel BONGIRAUD « La poésie et nous » (voir annonce page d’accueil) est paru aux éditions Corps Puce  http://corps-puce.org collection L’Art du mot 11 p, 10 €. Dans sa préface Jean FOUCAULT se réjouit que l’auteur à propos de la poésie, sache « en dévoiler les enjeux, loin des poses convenues et des clichés ». «Il nous montre comment la poésie est notre moteur intérieur, le mouvement intime avec les mots, qui nous fait être. »

Lecture d’un extrait du livre. Le directeur des Pages Insulaires sera bientôt notre invité. Mais un essai à la simplicité de ton à lire sans attendre.

 

Les éditions CARDERE www.cardere.fr  poursuivent leur difficile travail de diffusion et font paraître deux livres de poésie dont nous recommandons la lecture aux auditeurs ; chacun coûte 12 € et l’achat peut se faire directement sur le site de l’éditeur.

Le premier est celui de l’infatigable revuiste, artiste, photographe et surtout poète Cathy GARCIA « Les mots allumettes » richement illustré par elle-même. Un appel à la sérénité, une quête spirituelle où la révolte n’appelle qu’à la tendresse, à la fraternité des êtres, tous en mal d’absolu :

Les mots en gravats dans ma tête. Des tonnes.

 

Je retiendrai celui qui brise l’encerclement, dégage une spirale et m’élève jusqu’au ciel.

Jusqu’au grand, grand ciel. N’avoir que celui-là en bouche.

 

Lecture d’extraits du recueil.

Le second « Triptyque du veilleur » est celui de Louis RAOUL poète connu des abonnés des éditions Encres Vives qui l’ont publié dès 1992, qui totalise aujourd’hui une quinzaine de recueils et a obtenu en 2008 le Prix de la Librairie Olympique pour son livre « Logistique du regard » publié chez N&B/Pleine Page. Ecriture délicate et pudique qui semble effleurer mais imprègne sa trace durable dans les esprits. Il faut lire ce poète discret. Lecture d’extraits du livre.

Vous abordez

Au pied de la tour

Qui est vous

Il vous faut rejoindre la hauteur

Où veiller

Dans l’éternité d’une heure

La rouille d’un jour

Qu’on aurait oublié.

 

C’est un autre poète discret et économe de ses œuvres qui est cité en dernier par Saint-Paul : Jean-Claude CAËR dont il recommande la lecture de « En route pour Haida Gwaii » paru aux éditions Obsidiane, 69 p, 14 €. C’est son 4ème livre de poèmes toujours chez cet éditeur. Ce poète parcimonieux se lit d’un trait tellement son ton est clair et puissant. On retrouve dans ce recueil l’ombre de Malcolm Lowry qui a hanté le Maine avec Kerouac, Emerson et quelques autres, que traverse l’auteur avant de s’embarquer depuis Vancouver pour l’île de Haida Gwaii, à l’autre bout du continent. Et les textes de CAËR font songer à ceux de Malcom Lowry. La même force émotive et narrative des poèmes de l’auteur de « L’amour de mourir ». Lecture d’extraits du livre.

Seul sur la route, au volant d’une automobile bleu ciel,

Je traverse la forêt en feu.

Des Blue Hills jusqu’à Castine.

Et Castine fut tour à tour française et allemande et anglaise.

Nombreuses batailles :

Fort de Madison, fort George, fort de Pentagoët

Jusqu’au plus bas des cieux.

 

L’émission est ensuite consacrée à une voix majeure de la poésie du XXème siècle : Bruno DUROCHER (1919 – 1996). Né en 1919 à Cracovie sous le nom polonais (sa mère juive y a veillé) de Bronislaw Kaminski, son père l’a élevé dans la religion catholique. Mais très vite, il se convertit avec passion au judaïsme dont l’étude l’accompagnera toute sa vie. Dès l’âge de 17 ans, il publie un recueil de poésie en polonais « Contre » qui le fait remarquer et lui vaut d’être considéré comme le Rimbaud polonais. Mais il est arrêté pour activités politiques dès 1939 et est interné à Sachsenhausen puis à Mauthausen. Il gardera de ces 7 années terribles un voile dans l’étincelle de ses yeux et un regard changé sur le monde. Il décide, à sa libération des camps, de s’installer à Paris et de devenir écrivain français. Il apprend la langue et en 1950 se présente à Claude Couffon de « Lettres Mondiales » sous le nom de Bruno DUROCHER et entend faire partie intégrante des forces vives de la jeune poésie française de l’époque. Pierre SEGHERS le publie dés 1949 et Paul ELUARD le reconnaît comme « un des nôtres ». La même année il fonde avec Jean FOLLAIN, André FRENAUD et Jean TARDIEU la revue « CARACTERES » dont il deviendra l’unique responsable et poursuivra ce travail en fondant les éditions éponymes. Les grands auteurs de la poésie qui marqueront le XXème siècle comme Pierre Jean JOUVE, Fernando PESSOA, Tristan TZARA ou Raymond QUENEAU se retrouvent dans le prestigieux catalogue des éditions qu’il dirige, participant lui-même à l’impression et au façonnage des ouvrages. Son expérience humaine exceptionnelle et son génie de la langue, vont donner naissance à un travail de création qui sera dorénavant le sens de sa vie. Dans la deuxième moitié des années soixante dix, Saint-Paul commencera à lire cette œuvre qui était à l’époque, unique dans son genre ; il en restera marqué durablement et partagera ce sentiment avec quelques amis poètes dont Monique-Lise COHEN, Michel ECKHARD-ELIAL  et les poètes aguerris comme Gaston PUEL qui fût aussi publié par DUROCHER dans sa revue. Ce témoignage de ce survivant des camps, demeuré poète prolixe, mais aussi dramaturge, essayiste et auteur de récits est à découvrir pour tous ceux pour lesquels il ne saurait y avoir de grande œuvre sans la recherche inépuisable d’une spiritualité valorisante pour l’humanité. Et c’est bigrement le cas pour Bruno DUROCHER !

Lecture de très larges extraits de son recueil « gagner la lumière » paru aux éditions Caractères en 1976 et en particulier d’un poème où il s’interroge sur la signification réelle de la poésie :

………………………

Tu es la chanson et la plainte et l’arme et la clef

de la porte du mystère

tu vas comme le murmure des vents les plus lointains

proche comme la terre inconnue comme

            les nébuleuses

tu es entrée dans la maison du fils de l’homme

il t’a accueilli

et il est devenu maudit

…………………………..

 

Le 1er tome de l’œuvre complète de Bruno DUROCHER est un gros volume de 1040 pages (36 €) ; c’est une somme de poésie qui ouvre un ciel à gagner sur des ténèbres envahissantes. En cela, la poésie est peut-être le salut de l’homme ici bas.

A lire absolument !

 

 
 
12/04/12
 
 
 
Thierry METZ
 
 
Isabelle LEVESQUE

 

 

Christian Saint-Paul annonce un évènement éditorial qui doit mobiliser les acteurs culturels chacun dans leur domaine : la publication de l’œuvre complète de Bruno DUROCHER (1919 – 1996). Tous ceux qui ont connu DUROCHER se réjouissent de cette parution et ceux qui ne l’ont jamais lu pourront désormais avoir accès à cette pensée humaniste qui est l’honneur de la poésie. Un nombre considérable de poètes aujourd’hui « reconnus » ont été édités par Bruno DUROCHER soit dans sa revue, soit dans ses éditions « CARACTERES » www.editions-caracteres.fr . Son opiniâtreté, son courage hors du commun et son génie poétique font de lui une figure mythique de la poésie du XXème siècle. Saint-Paul se souvient du charisme de cet homme dont on pressentait l’écorchure, d’une sincérité désarmante, doué d’une parole au lyrisme envoûtant mais qui savait être laconique et n’utilisait les mots qu’avec précaution. Il aimait montrer aux visiteurs qui étaient souvent ses auteurs, les locaux du 7 de la rue de l’Arbalète dans le 5ème arrondissement de Paris, où il exposait aussi ses amis peintres. C’est là que Saint-Paul a lu, sous les tableaux d’UBAC le dernier recueil de Luc BERIMONT qui venait de mourir : « Le Grenier des Caravanes ». L’émission « les poètes » rendra compte, comme il se doit, de cette œuvre à l’image de son créateur, d’une bouleversante humanité tournée vers la lumière même dans les plus cruelles circonstances. Le 1er tome de cette œuvre considérable « A l’image de l’homme » sera disponible le 30 avril 2012 (1040 p, 36 €) ; à commander à votre libraire ou aux éditions CARACTERES. Merci à Nicole GLADIA qui fût son épouse et est poète elle-même, d’être venu à bout de ce travail. (Voir sur ce site l’annonce de cette parution à la page d’accueil et plus tard à la rubrique « Parutions »)

L’émission est ensuite consacrée à l’évocation de l’œuvre d’une voix plus fulgurante de la poésie du XXème siècle : Thierry METZ (1956 – 1997).

Si cette œuvre rejoint dans les consciences l’œuvre de créateurs majeurs, c’est qu’elle reflète, comme pour DUROCHER, l’expression d’une humanité universelle dans ce qu’elle a de tragique, mais également tournée vers la lumière par la maîtrise des mots qui surgissent des ténèbres. C’est Isabelle LEVESQUE, poète prolixe qui, jointe au téléphone, s’exprime sur la vie et les ouvrages de Thierry METZ.

En effet, elle a, avec Daniel MARTINEZ, entrepris un long travail sur ce poète atypique et génial en publiant un n° spécial de la revue Diérèse (52/53 15 € à commander à Daniel MARTINEZ 8 avenue Hoche 77330 Ozoir-la-Ferrière). Cette volonté de contribuer à faire connaître les textes de cet auteur très attachant, se traduit également par des animations (à Bordeaux, à Reims) et le projet d’un nouveau n° de la revue également consacrée entièrement à Thierry METZ, ce qui prouve la richesse de cette œuvre.

Isabelle LEVESQUE présente la personnalité du poète, brosse en quelques phrases sa vie : né à Paris en 1956 dans un milieu chaleureux mais modeste, il s’installe, après son service militaire effectué en Allemagne, dans la maison de ses parents acquise  pour leur retraite prés d’Agen. Il gagne sa vie durement dans des métiers physiques et écrit le soir des poèmes. C’est le regretté Jean CUSSAT- BLANC alors directeur de la revue Résurrection qui le premier aura la révélation du génie de Thierry METZ. Il s’emploiera à le faire publier. Lecture d’un article de ce directeur de revue paru dans Diérèse 52/53.

Thierry METZ est publié dès 1989 : « Dolmen » aux Cahiers Froissart puis repris par les éditions Jacques Brémond qui font paraître également la même année «Sur la table inventée » qui lui vaudra le prix Voronca. Lecture d’un extrait de ce dernier recueil.

Il rencontre ensuite Jean GROSJEAN qui va préfacer « Le journal d’un manœuvre » paru chez Gallimard  en 1990. Lecture d’un extrait de lettre de Grosjean paru dans Diérèse 52/53.

Mais alors que Thierry METZ vient d’apprendre que Gallimard va le publier, son fils Vincent est victime d’un accident mortel, heurté par une automobile sous les yeux de son père. Il ne se remettra jamais de cette perte qui sera désormais en filigrane dans ses poèmes et leur confère ce ton tragique, mais tourné vers la lumière.   

Il poursuit son travail d’écriture et publie en 1991 « Entre l’eau et la feuille » chez Arfuyen, puis en 1995 « Lettres à la bien aimée » chez Gallimard, « Le drap déplié » à L’Arrière-Pays, et « Dans les branches » aux éditions Opales. Isabelle Lévesque évoque la figure de Denis CASTAING et lit un extrait de « De l’un à l’autre » et de « Dans les branches ».

Opales/Pleine Page l’éditeur de Bordeaux publie « Terre » et « L’homme qui penche » en 1997, « Dialogue avec Suso » en 1999, année qui verra également l’édition posthume chez Brémond de « Sur un poème de Paul Celan ».

Isabelle LEVESQUE revenant sur « L’homme qui penche » précise que le poète était alors en séjour volontaire de désintoxication dans un hôpital, et que l’homme penche parce que peut-être sa marche est mal assurée, mais aussi parce qu’il penche vers le cahier pour écrire. « L’homme qui penche est un être encordé. Encordé mais pas lié » dit-il. Jamais Thierry METZ ne s’écarte d’un ton terriblement fraternel lorsqu’il évoque ses compagnons tant dans « Le journal d’un manœuvre » que dans « L’homme qui penche ».

Isabelle LEVESQUE insiste sur la nécessité qu’il y avait de faire entendre cette voix avec la possibilité de publier des inédits, de retracer l’histoire personnelle de Thierry METZ avec des témoignages. D’où la réalisation de cet énorme numéro 52/53 de Diérèse. Puis, alors que le manuscrit du « Carnet d’Orphée » avait été reproduit dans ce numéro, les éditions Les Deux-Siciles ont fait paraître ces textes en restituant les doutes sur le déchiffrement des mots et en y ajoutant quelques poèmes parus seulement en revue. Lecture d’extraits du « Carnet d’Orphée » dont Isabelle a rédigé la préface.

Mais le chantier n’est jamais terminé et Diérèse réalisera un nouveau numéro Thierry METZ qui devrait voir le jour en mai 2012. Bien des auteurs ont contribué à la réalisation de cette dernière publication dont Lionel BOURG et Hervé PLANQUOIS  (lecture des poèmes écrits pour Thierry METZ).

Diérèse et Les Deux-Siciles seront présentes au marché de la poésie à Paris en juin pour présenter ce numéro 56 à paraître et le « Carnet d’Orphée ».

Saint-Paul remercie Isabelle LEVESQUE pour son intervention. Un grand merci aussi à Françoise METZ qui a permis ces publications en confiant les manuscrits de Thierry.

   

 

 

 
 
05/04/12
 
 
 

 

 

Christian Saint-Paul annonce la parution du livre de Michel COSEM  « Le Sud du Soleil » aux éditions de L’Atlantique collection PHOIBOS    http://mirra.pagesperso-orange.fr/EditionsAtlantique.html   84 p  19 €. Ce recueil complète le précédent « Les herbes de safran » dans la même collection. Ce sont les lieux qui nous parlent encore dans ce beau livre. Gaëlle JOSSE dit de ce poète voyageur : « Il y a en lui quelque chose d’un Monet arpentant la campagne, chevalet et boîte de couleurs en bandoulière, célébrant le jour en guettant ses plus infimes nuances de lumière. » Lecture de textes sur des lieux de la Haute-Garonne. 

Rappelant la parution de « Quand la nuit se brise » anthologie de la poésie algérienne de langue française dirigée et présentée par Abdelmajid KAOUAH aux éditions POINTS 295 p 7,80 €, Saint-Paul lit un poème de Mourad BOURBOUNE, auteur qui avait fait l’objet d’une émission radiophonique.

Le gros recueil de Michel HOUELLEBECQ « POESIE » aux éditions « J’ai lu » 345 p  8 € est également signalé ; « les poètes » lui consacreront une émission plus tard.

Enfin, Saint-Paul rappelle une fois encore que 2 émissions vont être prochainement consacrées à Thierry METZ et il lit des poèmes extraits du riche n° 52/53 de la revue Diérèse (ce n° 15 € par chèque à Daniel MARTINEZ 8 avenue Hoche 77330 Ozoir-la Ferrière) qui réunit des textes du poète disparu et une multitude de documents et articles en hommage ou sur cet auteur, qui revêt ainsi l’importance qui est aujourd’hui incontestablement la sienne parmi les voix majeures du XXème siècle.

L’émission est alors consacrée à un poète surtout connu pour ses romans Jérôme LEROY http://feusurlequartiergeneral.blogspot.fr   ; c’est en effet l’auteur de deux livres de poésie : « Le déclenchement muet des opérations cannibales » (Equateur 2006) et « Un dernier verre en Atlantide » La Table Ronde 2010 121 p 14 €.

C’est ce dernier recueil qui est choisi pour l’émission. Sa forme narrative se prête parfaitement à une lecture à la radio. Une poésie faite pour l’oralité ; un souffle à la fois épique et maîtrisé. A connaître. Plaisir assuré.

 

 
 
 
 
 
 

 

Pierre ESCUDE

 

Christian Saint-Paul annonce la parution du livre de Michel COSEM  « LE SUD DU SOLEIL » aux éditions de L’Atlantique collection Phoibos 85 p 19 € qui complète le précédent recueil « Les herbes de safran » chez le même éditeur.  Le poète poursuit sa traque des lieux, à défaut d’arrêter le temps, il immobilise l’espace, mais un espace bien défini, limité, identifié, le temps fugitif du poème qui le restituera comme une photographie terriblement subjective et subversive.  Et l’on se complaît à le suivre dans ses itinéraires que l’on reconnaît souvent et pourtant que l’on découvre.  Un plaisir assuré jaillit de ces courtes proses poétiques, ciselées comme COSEM sait faire depuis des décennies, sans se lasser et en nous régalant de ces photographies changeantes comme des états d’âme. A lire absolument ! Une émission sera consacrée à ces deux recueils.

La revue EUROPE (le n° 18,50 €) a consacré son n° 983 de mars 2011 à Georges PERROS. C’est une voix majeure du XXème siècle, qu’il faut lire et faire lire.  Les articles très divers sur PERROS nous renseignent encore mieux sur cet écrivain qui vivait la poésie dans sa vie ordinaire avec une passion et une humilité qui est l’apanage des plus grands.

Le poète algérien  Abdelmadjid KAOUAH qui signe les chroniques reprises sur ce site (voir rubrique « Chroniques ») fait paraître dans la collection POINTS www.lecerclepoints.com  son anthologie de la poésie algérienne de langue française « Quand la nuit se brise » 295 p 7,80 €. Un livre indispensable pour tous ceux qui sont intéressés par la poésie francophone. Un diaporama contrasté qui reflète la société et la culture algérienne d’aujourd’hui. L’auteur de cette anthologie sera prochainement invité à l’émission « les poètes ».

William CLIFF le poète belge qui a été la révélation des années soixante et qui depuis a constitué une œuvre poétique et romanesque de qualité en sus de quelques traductions, voit enfin deux de ses recueils : « America » et « En Orient » publiés dans la collection Poésie/Gallimard  210 p 9,50 €. Ainsi CLIFF est reconnu comme un poète entré dans l’histoire de la poésie contemporaine. Le voilà un des classiques de notre période. Saint-Paul a toujours été convaincu de l’exceptionnelle valeur littéraire de cet auteur qu’il est allé rencontrer en Belgique (voir document sonore sur ce site) et se réjouit de cet évènement, en regrettant toutefois que ce livre ne comporte ni préface, ni biographie de l’auteur, mais connaissant CLIFF, cela aussi lui ressemble.

Enfin, Saint-Paul invite les auditeurs à se rendre le dimanche 1er avril 2012 à 15 h 30 à Gruissan dans l’Aude  (à l’amphithéâtre du Palais des Congrès) assister au récital « Chemins de résistances » du poète écrivain, cantaire (chanteur) Claude MARTI ; l’entrée est libre et le récital sera suivi à 17 h 30 de la projection du film « Armand Gatti » réalisé dans la série « Un siècle d’écrivains » en présence du réalisateur Stéphane Gatti.

Saint-Paul reçoit alors Pierre ESCUDE professeur à l’Université, écrivain, traducteur, qui a été l’auteur de nombreuses publications universitaires (voir : http://w3.elire.univ-tlse2.fr/pescude.htm ) et a notamment fait paraître aux éditions Privat à Toulouse Pière GODOLIN œuvres complètes (commentées et expliquées). Ce soir il vient parler d’un ouvrage édité chez Arfuyen : Cardinal SALIEGE « Menus propos » préface de Pierre Escudé 150 p, 14 €.

 

CE QUI SE PASSE

 

Il y a des montagnes qui glissent.

Il y a des nuages noirs qui crèvent.

Il y a des violences qui s’usent.

Il y a des maisons qui s’effondrent.

Il y a des races qui disparaissent.

Il y a des colosses qui sombrent.

Il y a des tremblements de terre qui engloutissent.

Il y a des brimades qui trahissent la faiblesse.

Il y a des radios qui mentent.

Il y a un Dieu qui demeure.

                                             1er septembre 1940

 

  Cardinal SALIEGE

 

Voilà un des « menus propos » de l’archevêque Jules-Géraud Saliège né dans le Cantal à Mauriac le 24 février 1870 et décédé à Toulouse le 5 novembre 1956. Une longue vie consacrée à son diocèse et à vivre sa foi pour cet homme d’exception atteint dès 1932 d’un ictus cérébral qui le laissera quasi paralysé. Compagnon de la Libération, De Gaulle lui a remis la médaille de la Résistance et en 1969 il a reçu à titre posthume la médaille et le diplôme d’honneur de « Juste parmi les Nations » décerné par l’Institut Yad Vashem de Jérusalem.

Pierre Escudé lit la Lettre pastorale sur la personne humaine qui a été lue dans toutes les églises du diocèse de Toulouse le dimanche 23 août 1942  et qui a été immédiatement censurée par le préfet.

Pierre Escudé explique la genèse de ces « menus propos », leur style d’une concision éblouissante en parfaite harmonie avec la personnalité rustique et hautement spirituelle de cet ascète humaniste dont la pensée intemporelle peut servir de guide dans las convulsions de notre monde moderne.

Lecture de nombreux « menus propos » par Pierre Escudé, de « L’homme à la manière de Saint-Exupéry » par Saint-Paul. Citations commentées par Pierre Escudé permettant de mieux cerner la démarche universelle de ce religieux loin de la rigidité dogmatique.

Bref intermède musical avec un extrait de carillons de l’église des Minimes de Toulouse avec Bernard Ollé .

Un enseignement à suivre pour tout homme ce cardinal !

 

 
 
15/03/12
 
 
 
 

 

Patrick CAUJOLLE

 

Christian Saint-Paul rappelle que les œuvres d’Olympe de GOUGES éditées à Montauban par Cocagne sont en souscription en ligne à www.cocagne-editions.fr   ; le quatrième volume consacré aux positions et propositions révèle un sens visionnaire admirable (30 € en souscription, prix public 36 €).

Saint-Paul signale également la parution dont il n’a pas parlé à ce jour faute de temps de : « Voyageurs de l’absolu »  de Jacques COLY ;  55 poètes qui ont choisi de disparaître De Victor Escousse à Roland Giguère ( éditions Les Deux-Siciles), une galerie de portraits de poètes « en dérive vers l’absolu » pour reprendre le titre d’un des recueils de Jacques PREVEL, qui ont choisi de disparaître envers et contre tous. Le livre de Jacques COLY est un témoignage unique sur la destinée tragique de ces poètes, fauchés le plus souvent en pleine jeunesse.  Vous pouvez vous procurer cet ouvrage en adressant un chèque bancaire de 22,50 € à : Daniel MARTINEZ  8, avenue Hoche 77330 Ozoir-la-Ferrière.

Enfin, le DVDrom pédagogique : « Camps d’internement du Midi de la France : entre histoire et mémoire (1939-1944) » a paru et est disponible (voir page d’accueil bulletin de souscription). Un document qui éclaire les zones d’ombre de cette période tragique de notre histoire.

C’est encore la culture et l’histoire de notre région qui sont à l’honneur cette semaine avec l’accueil dans les studios de Patrick CAUJOLLE, poète, écrivain qui a fait paraître après le vif succès de ses « Mystères de Haute-Garonne » : « Les nouveaux mystères de Haute-Garonne  Histoires insolites, étranges, criminelles et extraordinaires » chez De Borée 416 p 24,90 €.

Cet auteur a été récemment lauréat du prix Baudelaire de la Société des Poètes Français ; on lui doit « Lignes d’horizons » éditions Abrax, 2006 (grand prix de poésie des Jeux Floraux du Béarn), « Racines » éditions du Salon des poètes de Lyon, 2008  (prix René Laplace).

En exergue des Nouveaux mystères il écrit : « Le talent, ce n’est pas écrire ce que l’on sait, c’est écrire ce que l’on va savoir ».

Il explique que son ouvrage qui a demandé un long travail de recherches, est conçu comme une mosaïque. Ainsi le lecteur peut en découvrir les morceaux au fur et à mesure de ses envies, ce qui en fait un livre de chevet par excellence. Saint-Paul se réjouit de ce qu’il y ait des auteurs qui prospectent ainsi la culture populaire de notre région pour nous en livrer la quintessence pour notre plus grand plaisir. Il a retrouvé dans ce livre les « histoires » dont il entendait parler au cours des années soixante et apprécie d’en lire aujourd’hui la synthèse avec les certitudes historiques maintenant acquises. Les récits, toujours passionnants sont répartis selon cinq domaines : les affaires judiciaires, les histoires insolites, les mystères, croyances et religion, les énigmes historiques, les destinées.

Connaître ses récits, c’est progresser dans la découverte du sens profond de ce département de la Haute-Garonne tellement riche en évènements et personnalités.

Quelques faits ou croyances sont évoqués comme par exemple le « suaire de Toulouse ».

L’émission se clôt par la lecture de ses poèmes par l’auteur et par l’audition d’un texte de Jean-de-La-Croix mis en musique par Vicente PRADAL, cela pour rendre hommage à une personnalité exemplaire qui a marqué Toulouse pendant les heures sombres de l’Occupation : le Cardinal SALIEGE.

Le livre de Patrick CAUJOLLE ne peut manquer dans la bibliothèque de l’honnête homme (qui comprend aussi les femmes) de tout bon occitan et partant, de tous.

 

 

 
 
08/03/12
 
 
 
 

Olympe de Gouges

   

Christian Saint-Paul signale la parution du n° 23 de la revue

Pages Insulaires  dirigée par Jean-Michel BONGIRAUD  (abonnement 6 n° 20 € à adresser 3 impasse du Poirier 39700 Rochefort-sur-Nenon) ; numéro d’une grande richesse éditoriale avec comme invité Eric SIMON et qui s’ouvre sur trois textes de poètes chers récemment disparus : Michel HEROULT, José MILLAS-MARIN, Jean L’ANSELME ; une revue originale qui fait la part belle à l’homme et recèle de nombreuses notes de lecture sur les publications de poésie.  

Pour célébrer la Journée Internationale de Défense des Droits de la Femme Radio Occitania rend hommage à Olympe de Gouges, auteur de la Déclaration des Droits de la Femme et de  la Citoyenne.

Christian Saint Paul reçoit Béatrice DAËL, présidente de l’association des éditions COCAGNE à Montauban www.cocagne.fr, qui publient les œuvres complètes de cette Montalbanaise née en 1748.

Montée à Paris à vingt ans, elle témoigna passionnément de cette époque par ses écrits qui ont pris toutes les formes : pièces de théâtre, pamphlets, réflexions philosophiques, romans...

Beaucoup de monde dans le studio :

Philippe SAHÜC et sa compagne Laura qui ont lu les textes.

Monique-Lise Cohen que l’on connaît bien à Radio Occitania, extraordinaire d’intelligence et de culture, écrivain et poète de sensibilité et d’érudition, qui, un beau jour, a décidé de se faire publier par Cocagne : deux livres ont vu le jour de cette collaboration qui reste ouverte : «Vie de la Joselito selon les paroles de Carmen» et «La fontaine de la rosée soudaine»

Claude Campa qui promet de devenir une véritable femme de lettres avec la publication chez Cocagne de son journal du chemin de Compostelle, très original et captivant.

Les Femouzes T Françoise Chapuis et Rita Macedo, incontournables lorsqu’on évoque Olympe de Gouges avec leur chanson éponyme qui a fermé l’émission.

Et quelques autres personnes qui étaient aussi là pour fêter la «libération» de Christian Saint Paul qui vivait son premier jour de retraite, événement qui fut dignement arrosé au champagne.

Hors studio, il y a eu quatre correspondants téléphoniques :

Olivier Blanc, historien d’Olympe de Gouges. Son premier livre, paru dès 1981 a permis à tous ceux qui ont ensuite travaillé sur Olympe de Gouges d’avoir accès à toutes les informations nécessaires - et au premier chef l’équipe des éditions Cocagne. Cet ouvrage a été déjà deux fois réédité (en 1989 et en 2006). Il nous a dit combien la figure d’Olympe était d’actualité de nos jours pour les générations les plus jeunes.

Catherine Marand-Fouquet, professeur d’histoire à la retraite, fortement impliquée dans la défense des droits des femmes au sein de plusieurs associations à Marseille. Elle nous a raconté son épopée, encore inaboutie, pour obtenir l’entrée d’ Olympe de Gouges au Panthéon. Rendez-vous a été pris pour le 3 novembre prochain, jour anniversaire de la décapitation d’Olympe pour manifester devant le Panthéon...

Monique Cara, journaliste, productrice de télévision sur une chaîne publique, puis en indépendante, qui travaille depuis quatre ans sur un récit romanesque de la vie d’Olympe destiné à devenir un scénario de film. Sa passion pour Olympe était contagieuse...

Carlo Corsetti professeur d’histoire et de français à Rome, qui prépare un ouvrage sur Olympe de Gouges. Il nous a dit comment le 13 février 2011, Olympe l’avait accompagné manifester contre Berlusconi. Il nous en a envoyé les photos que vous pouvez découvrir sur notre site.

« Tout » n’a pas été dit, loin de là. Mais le but était atteint : donner aux auditeurs, qui n’avaient jamais entendu parler de cette femme, l’envie de la découvrir. Tous ces textes seront accessibles au téléchargement sur le site des éditions Cocagne www.cocagne.fr, avant la fin de l’année. Les deux derniers tomes des œuvres complètes seront également publiés. Il est possible d’y souscrire dès maintenant sur www.cocagne.fr. En sachant que c’est là la condition de leur parution : de nombreuses souscriptions...

 

 
 
 
 
 
 

 

 

La revue Diérèse vient de faire paraître son n°55, 270 p 12 (Dominique SAMPIERO, Fabio SCOTTO, Isabelle LEVESQUE, Jacques COLY). Un nouvel exploit éditorial ! Présentation soignée au cordeau, illustrations, photographies, récits, notes de lecture, chroniques, poèmes de haut vol se succèdent dans ce numéro qui est une vraie mine de plaisirs poétiques. L’émission « les poètes » devant se consacrer à son invité, reviendra sur cette publication qui démontre l’incroyable bonne santé de la poésie grâce à l’opiniâtreté et le talent de nos revuistes et éditeurs. Abonnement 38 € à commander par chèque à Daniel Martinez  8 avenue Hoche  77330  Ozoir-la-Ferrière.

C’est en qualité d’auteur que Daniel MARTINEZ fait paraître à ses éditions Les Deux-Siciles « Terre entière  Trois contes pour mémoire » ( 15 € à commander à l’adresse mentionnée plus haut) dans une pochette illustrée par Jacques COLY qui illustre également chacun des contes. Un ouvrage d’art qui ravira tous les esthètes et les bibliophiles par sa présentation, le génie créatif de COLY, mais aussi et surtout par la verve littéraire de MARTINEZ. A lire d’urgence pour tous ceux qui aiment la Tunisie puisque les trois récits ont pour paysage : Sousse, Tunis, Djerba.

Nous interrogerons directement Daniel MARTINEZ sur ces récits lors d’une future émission.

 Christian Saint-Paul annonce la parution aux éditions Bruno Doucey du dernier recueil de poèmes de Maram al-MASRI  « La robe froissée » 96 p 13 €. Voir communiqué de presse. Née en Syrie elle est actuellement exilée à Paris. C’est de là, qu’elle fait reconnaître sa voix comme une des plus puissantes de la poésie féminine arabe et est traduite en de nombreuses langues. Après « Par la fontaine de ma bouche » recueil publié chez Bruno Doucey, l’éditeur récidive pour notre plus grand plaisir avec ce recueil : « La robe froissée ». L’émission « les poètes » reviendra sur cette publication qu’il faut absolument lire.

On retrouve d’ailleurs Maram al-MASRI dans l’anthologie publiée toujours chez Bruno Doucey et qui a trait au thème du printemps des poètes 2012 : « Enfances Regards de poètes » 208 p 17 € Voir communiqué de presse . Un livre jubilatoire à offrir !

 

Précisément l’invité de ce jour Michel BAGLIN figure aussi dans cette anthologie.

Il vient parler de sa dernière publication qui ravit ses nombreux fidèles (l’attachement à ce poète toulousain étant naturellement très fort),son anthologie personnelle publiée au Castor Astral 13 € « De chair et de mots ».

Ce poète heureux, membre du jury international de poésie Max-Pol Fouchet (dont il fût lui-même lauréat), écrivain, essayiste, longtemps journaliste et revuiste qui anime un site littéraire aujourd’hui de premier plan www.revue-texture  franchit avec sérénité l’étape de sa première anthologie. C’est une consécration certes de son long parcours d’écriture à ce jour, mais cela signifie aussi, qu’il poursuit sa route après tous ces jalons.

Michel BAGLIN explique aux auditeurs la genèse de cet important ouvrage, comment il a sélectionné les textes, ajouté des inédits ou des textes n’ayant été publiés qu’en revues. Le tout est un livre éclatant de la réussite poétique de ce militant aussi de la poésie, à son image, réaliste, serein dans une nostalgie maîtrisée et une inassouvie fraternité pour ses semblables les hommes.

Dialogue avec Saint-Paul sur la forme des poèmes, sont-ils des « aposiopèses » (en grec ancien silence brusque), une rupture du discours ? Le lecteur complète le sens du poème, d’après Baglin, mais dans le tracé qu’il en a donné. Il ne saurait y avoir autant de sens que de lecteurs. Il s’explique en outre sur la réserve qui est la sienne à propos de ceux qui emploient le mot « contradictions » et qui croient souvent que la pensée est figée. Dans une large mesure il faut savoir contenir l’essentiel d’une pensée dans ce qu’elle a d’immutable. S’expliquant sur le titre de son anthologie,  il adhère aux propos de Charles DANTZIG : « les mots, c’est pour la communication. Il y manque la communion. Outils mal conçus ne servant qu’à transmettre des opinions communes et des ententes sournoises, ils ont marché dans la banalité et la transportent. Les mots sont les semelles merdeuses de l’humanité. C’est sous les mots, malgré les mots, sans les mots qu’on doit lire les livres. » C’est à cette condition et à cette condition seulement que les mots réussiront alors à laisser passer l’esprit. 

Lecture de larges extraits de l’anthologie par Michel BAGLIN et écoute d’un poème mis en musique par Martine CAPLANNE : « Pour ou contre ».

 

 
 
23/02/12
 
 
 
 

 

 

 

 

 

Christian Saint Paul reçoit Béatrice DAËL présidente des éditions COCAGNE à Montauban www.cocagne.fr et Philippe SAHÜC romancier et fondateur de CARAMBOLINGUE www.carambolingue.com qui offre une pluralité de cultures en diverses langues.

Un bref historique permet de définir les éditions Cocagne, fondées en 1984 par Félix-Marcel CASTAN au service de l’ensemble des activités culturelles qu’il a initiées, principalement à Montauban. Par ces actions, il a  sorti «l’idée d’Occitanie de ses ornières conceptuelles et montré à la France la voie libératrice de la pluralité qui passe par l’équilibre parfait de l’identité». «Loin des idéologies et des slogans, c’est une approche qui part du réel que la pensée de Castan analyse et évalue avant d’œuvrer à sa transformation».

Deux grandes priorités dans les choix éditoriaux immédiats de COCAGNE sont énoncées :

1 - La diffusion de l’œuvre intégrale de CASTAN : il a multiplié les actions en faveur des écrivains, des poètes, des plasticiens et de tous les artistes et créateurs auxquels il consacrait tous les moyens financiers - toujours modestes et insuffisants - dont il disposait. En conséquence, il n’a pas pu éditer ses propres écrits qu’il a, néanmoins, pris le temps de préparer. La première publication est celle qui était sur le point de paraître au moment de sa disparition : «Epòs Ethòs» en langue d’Oc, 170 pages - 30 €, poème épique de quatre mille vers (per dintrar dins lo sègle XXI) (pour entrer dans le 21e siècle). Lecture d’un extrait par Philippe SAHÜC.

Vient ensuite «Occitanisme pédagogique» 150 pages, 30 €. «La littérature occitane peut tout dire au nom de tous, à la fois ceux qui sont de son pays et ceux qui n’en sont pas, au nom de toutes les provinces d’une nation qui veut ressusciter à la vie culturelle, au nom même des hommes qui partout cherchent les moyens les meilleurs d’habiter leur planète». Lecture d’un extrait par Philippe SAHÜC. La personnalité singulière de CASTAN est ensuite évoquée avec la lecture des extraits de la pensée intemporelle et universelle de ce militant infatigable de la pluralité culturelle.

En préparation : «Au temps de la France plurielle» soustitré : L’Occitanie, le Baroque et la France... Réflexion personnelle à partir du travail accompli pendant quarante ans à Montauban au sein du Centre International de Synthèse du Baroque.

Et une histoire, en français, de la littérature occitane, «Hétérodoxies».

Alain Daziron qui a publié «Félix CASTAN ou l’équilibre parfait de l’identité» 430 pages, 20 € (àn commander à la Maison de la culture 82700 - Larrazet) reconnaît que « l’on est très loin d’avoir fait le tour d’une pensée tout à la fois ciselée et plastique qui se déploie, se démultiplie, se projette tellement loin dans sa quête qu’elle donne parfois le sentiment de se dérober ou de donner le vertige».

2 - La publication des œuvres complètes d’OlyMPe de Gouges.

Son œuvre théâtrale et ses écrits philosophiques (tomes 1et 2) sont publiés et d’ores et déjà disponibles aux éditions COCAGNE.

Une émission spécifique le 8 mars, Journée Internationale de la Femme sera consacrée à cette Montalbanaise qui a remis en cause le statut de la femme au prix de sa vie.

Enfin, Béatrice DAËL lit un extrait d’une publication de mai 2011 et disponible sur le site des éditions «Le sentiment de soi ou l’accomplissement» de Paule CAYSSIAL-VERN.

         

Béatrice DAËL-CASTAN    Philippe SAHÜC                   http://www.carambolingue.com/

 

 

 
 
16/02/12
 
 
 
 
 
 
 
 

Jean Michel BONGIRAUD

 

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Christian Saint-Paul présente le dernier livre de l’écrivaine belge Corinne HOEX, un recueil de poèmes qui constitue le 20ème ouvrage des éditions Bruno Doucey www.editions-brunodoucey.com  collection Embrasures : « Rouge au bord du fleuve » 55 p 6,10 €. Bruno Doucey dans son mot de l’éditeur qui introduit le recueil et qui se lit en réalité comme une véritable préface puisqu’il émane d’un éditeur qui est, avant tout, un poète, cite des vers de René –Guy CADOU :

Comme un fleuve s’est mis

A aimer son voyage

Un jour tu t’es trouvée

Dévêtue dans mes bras

Ce fleuve qui n’est jamais nommé par Corinne HOEX est toutefois identifié car elle évoque l’île de Barthelasse, la plus grande île fluviale de France, sur le Rhône. « Sans que l’on sache toujours qui du fleuve ou de l’île invente l’autre, constate Bruno Doucey, Corinne Hoex confie à la poésie le soin de dessiner les cadastres d’une absence ».

tu fermes les yeux

car tu es la nuit

le noir de la nuit

qui confond

les terres

les eaux

et les airs

 

L’émission est ensuite consacrée à Jean-Michel BONGIRAUD poète, essayiste, directeur de la revue « Pages Insulaires » (abonnement 20 €  à adresser 3 Impasse du Poirier 39700 Rochefort-sur-Nenon) qui vient de faire paraître aux éditions de L’Atlantique collection Phoibos  http://mirra.pagesperso-orange.fr/EditionsAtlantique.html : « Je n’en dirai guère plus » 44 p 14 €.

Un entretien s’instaure entre Saint-Paul et Jean-Michel BONGIRAUD joint dans le Jura par téléphone.

Le dialogue, toujours ponctué de lecture de poèmes par l’auteur, reprend les thèmes familiers du poète exprimés dans son essai paru chez Editinter 153 p 17 € « L’empreinte humaine ». Comment comprendre le monde ? La poésie est-elle un moyen d’appréhension du monde ? Y-a-t-il un remède à l’aliénation technologique ? Comment lutter contre l’atrophie de la parole ? Telles sont les questions auxquelles ce poète humaniste répond avec vivacité, soutenu par un enthousiasme pour la poésie qui redonne au fond toute sa dignité et liberté à l’homme.

La lucidité indécrochable de ce poète éloigné de tout artifice, l’amène à jeter sur le monde un regard que sauve un espoir absolu en la fraternité humaine. C’est en ce sens, que ce recueil remarquable, est un antidote au poison d’un pessimisme nihiliste.  Au premier rang du constat positif, la capacité de l’homme à créer. Ainsi Jean-Michel BONGIRAUD fait une large part dans son recueil à l’analyse de sa propre création poétique ; comment se fabrique le poème ? Il y répond avec un émerveillement qui ne se départit jamais de l’humilité, par plusieurs poèmes lus à l’antenne. L’éthique est fatalement une préoccupation du poète qui observe les princes qui nous gouvernent. Bongiraud nous assure que « nul ne demeure / sur son trône » même si on a hissé l’homme sur un trop haut piédestal. Le poète explique quelle est son attitude à l’égard du doute, comment s’assurer que « ce que l’on fait est juste ou pas ». Les textes de BONGIRAUD se livrent immédiatement, ils sont d’une clarté redoutable. C’est la confirmation d’un grand art poétique : « j’ai voulu parler simplement / au plus près de l’émotion » précise-t-il. Mais l’émotion ne saurait se confondre avec la poésie, une méfiance aussi à son égard est nécessaire. Il faut savoir l’habiter pour l’amener où il faut, même si le poète ne découvre le chemin qu’à la fin de son propre texte. Mais le poète n’est pas un simple passage entre les lignes. Il doit devenir poète « un vrai, un incontournable ».  La chose est difficile mais la volonté est acquise chez BONGIRAUD ; il sait, avec sa lucidité coutumière, que la phrase de Georges PERROS est vérifiée : « Entre ce que tu écris, publies – quand on veut bien – et ce que l’autre va lire, il y a un monde ». Mais la poésie ne peut éviter de rendre compte du côté inéluctablement tragique de la vie. « Qui marche sur sa détresse, grandit » disait Hölderlin. Et c’est vrai approuve BONGIRAUD que la poésie conduit à dépasser une certaine forme de détresse. Il est fait alors allusion à la dernière publication posthume de Thierry METZ « Carnet d’Orphée et autres poèmes » aux éditions des Deux Siciles 70 p 12 €. Mais comme « désirer un monde, c’est le feu, mais l’obtenir, rien que la fumée » selon Roland Jaccard, la poésie est simplement le témoignage de l’infini chemin à parcourir, sans se soucier de l’issue.

« Je n’en dirai guère plus » : un recueil à lire de toute nécessité !

 

 

 
 

 

 


 
 
09/02/12
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

RETOUR

 

Christian Saint-Paul rappelle qu’il est avéré aujourd’hui que les femmes occupent une place prépondérante dans la poésie contemporaine. En 1996 c’est une femme poète polonaise qui a été couronnée du prix Nobel de littérature : Wislawa SZYMBORSKA qui vient de mourir après avoir laissé une œuvre à lire qui dénonce la haine, la bêtise, le terrorisme et la torture dans l’évocation d’un monde où règnent l’horreur et la souffrance. L’humour, l’ironie et la langue étaient les armes que cette poétesse  opposait à la brutalité dominante. A lire, en particulier son anthologie traduite en français « De la mort sans exagérer » parue chez Fayard.

A propos d’anthologie on écoute Jean-Pierre FAYE lire « Fleuve renversé » extrait de « Choix de poèmes lus par l’auteur » livre audio paru à L’Harmattan dans la collection Notes de nuit 147 p 25 € avec un DVD.

La dernière publication de Jean-Michel BONGIRAUD « Je n’en dirai guère plus » recueil de poèmes aux éditions de l’Atlantique 43 p 14 € est de nouveau citée cette semaine ; c’est l’œuvre d’un poète viscéralement humaniste qui avait poussé un cri d’alerte dans son essai « L’empreinte humaine » paru aux éditions Editinter 153 p 17 € ; lecture d’un extrait de ce livre sur « la déshumanisation du langage » et lecture d’un poème.

On pourrait croire que la poésie

ne vaut pas son pesant d’or

mais on en a déjà débattu

de cela ou de celle-ci

rien n’y fait ni ne change

si je dis connaître sa valeur

on va me prendre pour un menteur

ou alors je serai la risée de tous

mais je n’avouerai rien

certains secrets sont faits

pour demeurer secrets

je ne dirai rien

quand bien même

on me traiterait de poète

 

La revue FRICHES Cahiers de Poésie Verte a fait paraître son n° 109 (12 € le n° abonnement : 3 n° 25 € à adresser à Le Gravier de Glandon 87500 Saint-Yrieix ) Cette excellente revue trace imperturbablement sa route en mettant en exergue dans cette dernière livraison deux poètes Jean-François MATHE et Jean-Paul KLEE ; des notes de lecture riches nous renseignent sur les nouvelles parutions après la lecture d’un florilège de textes qui rend compte du ton de la poésie actuelle.

« Ecrire malgré l’horreur » est le thème retenu dans son n° 154 par la revue l’Arbre à paroles (7,50 € le n° abonnement : 25 € pour 4 n° à adresser à la Maison de la poésie d’Amay  B.P. 12 4540 AMAY Belgique) ; quels sont les enjeux de l’écriture poétique après Auschwitz ? Les poètes répondent à cette interrogation fondamentale. Auschwitz n’a pas tué la poésie mais a rendu insupportable un « lyrisme factice qui ne peur qu’être tenu pour naïveté si ce n’est même mensonge » selon Yves Bonnefoy. On trouve dans ce numéro remarquable un choix de poètes à connaître et des notes de lecture dont celles sur « Les Carnets d’Orphée » de Thierry METZ et « Diadème du regard » de Daniel MARTINEZ, lues à l’antenne.

Toujours égale à elle-même la revue « NOUVEAUX DELITS  Revue de poésie vive » fait paraître son n° 41 (6 € abonnement 25 € pour 4 n° , chèque à adresser à Association Nouveaux Délits Létou -  46330  Saint-Cirq-Lapopie) avec des illustrations originales de Karolinda ( http://karolinda.pagesperso-orange.fr)     , un recueil de haïkus du cercle japonais Seegan sur l’Après Fukushima, des textes d’Alain GOURHANT, de Basile ROUCHIN, du belge Timotéo SERGOÏ. Une poésie militante et pertinente qui réchauffe l’amitié des peuples comme Cathy GARCIA, inlassable revuiste, en a le talent. La présentation est réussie avec une économie de moyens et s’améliore encore puisque les exemplaires sont maintenant massicotés. Un moment agréable et fort assuré à la lecture de cette revue.

Fernando D’ALMEIDA  africain d’origine brésilienne enseigne les littératures française, belge et québécoise à l’université de Douala au Cameroun. En 2008, il obtint le prix de poésie Léopold Sédar Senghor. Il vient de faire paraître aux éditions L’Harmattan « La Fable de l’Ineffable  - Tombeau de Gaston Miron (1928 – 1996) » 270 P 27 €.  Gaston MIRON qui incarne au Québec la stature du poète national, reçoit dans ce livre de poèmes d’un auteur majeur de la francophonie, l’hommage dû à son gabarit d’écrivain ayant exercé un langage où prédomine le paysage nord-américain.

A l’hospice de l’ouragan

L’été retourne vers la mer

 

Au ras du sol le jour

Perfore toute chose

A la pointe d’une mer

Que souille le feu

 

Les éditions L’Harmattan publient également dans la collection Approche littéraire un essai sur « GHERASIM LUCA, le poète de la voix : ontologie et érotisme » de Yannick TORLINI (voir : http://tapages.over-blog.fr) 200 p 21 €. D’après l’auteur, poète lui-même,  « ce que semblent dire les textes de LUCA, c’est que le sujet, et ses relations à l’Autre, se réinventent perpétuellement grâce à la réinvention perpétuelle de la langue, dans un monde désormais totalement instable. Nous nommerons « érotisme » cette instabilité ».

« La poésie de LUCA ne peut atteindre son but et n’être entière que sous la forme du récital : elle est une poésie du corps, du corps amoureux, comme l’expriment les poèmes « Prendre corps »ou « L’écho du corps » ».

Les éditions Bruno Doucey (www.editions-brunodoucey.com) ont une intense activité éditoriale et publient l’anthologie personnelle du grand poète haïtien Antony PHELPS : « Nomade je fus de très vieille mémoire » 240 p 18 €. Les textes repris couvrent une période s’étalant de 1961 à 201. Comme le constate son éditeur qui est aussi le préfacier, « qu’il évoque son enfance heureuse en Haïti ou l’Amérique métisse qui l’a accueilli, qu’il dénonce les dictatures ou célèbre l’amour, Antony Phelps est le poète d’un chant profond dont le souffle ne s’est jamais épuisé ».

Un évènement éditorial à coup sûr aussi cette publication !

Enfin, l’édition est consacrée au poète mexicain Jaime SABINES (1926-1999)

qui est une des voix majeures de la poésie mexicaine du 20ème siècle. On doit à Nicole GDALIA  http://www.paperblog.fr/4433565/quand-la-poesie-ne-fait-plus-partie-de-la-litterature/     qui dirige après la disparition de Bruno DUROCHER les éditions Caractères (www.editionscaracteres.fr ) la publication d’un panorama de l’œuvre de SABINES sous le titre « LENT ANIMAL AMER » dans une édition bilingue présentée et traduite par Jean-Clarence LAMBERT et illustrée de dessins de l’artiste mexicaine Cristina RUBALCAVA 195 p 25 €. Jaime SABINES est né le 25 mars 1926 à Tuxtla Gutierrez d’un père d’origine libanaise et d’une mère chiapanèque, appartenant à la famille Gutierrez dont le patronyme est adjoint au nom de la capitale du Chiapas : Tuxtla Gutierrez. C’est là qu’il a passé une enfance et une adolescence heureuse. Venu à Mexico, il abandonnera ses études de médecine et de philosophie pour suivre sa vocation de poète. Il exercera différents métiers de marchand de tissus à député. Horal, son premier livre paraît en 1950. Il sera suivi d’une dizaine de recueils qui feront de SABINES une sorte de poète national. Il est mort à Mexico le 19 mars 1999.

Lecture de la préface de Jean-Clarence LAMBERT et d’extraits du livre.

 

Ton nom

 

 Dans le noir j’essaye d’écrire ton nom. J’essaye d’écrire que je t’aime. Sans y voir j’essaye de le dire. Je ne veux pas qu’il y ait quelqu’un qui entre pour me regarder à trois heures du matin, déambulant dans l’appartement, fou, rempli de toi, amoureux. Illuminé, aveugle, rempli de toi et te déversant. Je dis ton nom avec tout le silence de la nuit, mon cœur bâillonné le crie. Je répète ton nom à nouveau, encore, je le redis sans me lasser et je suis sûr que le jour se lèvera.

 

 
 
05/02/12
 
 
 
 
 
Régine
 
HA-MINH-TU
 
 
 
 
 

 

 

Christian Saint-Paul annonce la parution aux éditions Bruno Doucey  www.editions-brunodoucey.com  de l’anthologie personnelle d’un des grands écrivains de la Caraïbe le poète haïtien auteur du livre culte « Mon pays que voici », Anthony PHELPS : « Nomade je fus de très vieille mémoire »  240 p 18 € (voir à la rubrique « Parutions ») et du premier livre de poèmes de François –Xavier MAIGRE « Dans la poigne du vent » 112 p 12 € (voir à la rubrique « Parutions »), journaliste au quotidien La Croix qui fait là acte de naissance d’un vrai poète.

Jean-Pierre FAYE fait paraître également une anthologie personnelle de ses poèmes de 1960 à 2010 qui est un livre audio « Choix de poèmes lus par l’auteur » aux éditions L’Harmattan collection Notes de nuit avec un DVD 148 p 25 €. Pour l’auteur le « poème est action de poésie et ce qui se marque sur l’horizon, ou sur le proche, le toucher, et le non visible touché au fond, le goût même dans la douleur, et son histoire, il est marqué de temps et instantané, il demande à ce qui écoute, il est cette histoire même. » Audition d’un texte lu par l’auteur.

Jean-Michel BONGIRAUD animateur de la revue« Pages Insulaires » a fait paraître aux éditions de L’Atlantique collection Phoibos « Je n’en dirai guère plus » 43 p 14 €. On retrouve là, le ton heureux de ce poète humaniste qui a signé un essai aux éditions Editinter « L’Empreinte Humaine » et qui va en publier bientôt un autre aux éditions Corps Puce « La poésie et nous ».

J’aime boire

ce que l’on appelle aimer

plus que boire sans doute

mais cela peut-il vous intéresser

la flamme qui m’anime

n’est peut-être pas la vôtre

je n’en souffre pas

d’autres ont vécu ces moments-là

parfois bien mal

certains se sont pendus d’autres ont déserté

mais qu’importe je m’enivrerai seul

je me brûlerai seul

et je serai grand face au feu

même sans éternité

 

La revue Encres Vives savoure son 400ème numéro dédié à Jean-Max TIXIER et reprenant des textes de Jacqueline Saint-Jean, Jacques Lovichi, Annie Briet, Jean-Louis Clarac, Chantal Danjou, Cédric Le Penven, Gilles Lades, Michel Dugué, Christian Saint-Paul, Michel Cosem. Le n° 401 est consacrée au recueil « Lampe Votive » de Véronique JOYAUX, le n° 402 à un n° spécial « arrêt sur image » consacré à Michel COSEM augmenté d’extraits de son dernier recueil « Ainsi se parlent le ciel et la terre », le n° 403 publie un recueil de Patricia CROS « Sédimentaires suivi de La soif des hirondelles » ; chaque recueil 6,10 € abonnement 12 volumes 34 € à adresser à Encres Vives 2 allée des Allobroges 31770 Colomiers.

Enfin les éditions toulousaines Hors Limite font paraître un recueil de nouvelles (ils sont rares aujourd’hui les éditeurs qui publient des nouvelles) « Symphonie Vagabonde » (voir rubrique « Parutions » 115 p 12 €.

L’émission est ensuite consacrée à l’invitée Régine HA-MINH-TU qui a publié depuis les années 80 des recueils de poèmes et des textes dans les revues. Née en 1956 à Paris d’un père vietnamien et d’une mère française, elle a vécu de nombreuses années à Berlin où elle était archiviste et traduisait des documents ayant trait à la vie des camps d’internement nazis jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale. Elle retrouve plus tard le Berry, la campagne qu’elle aime, avant de rejoindre un poste de bibliothécaire à l’université de Toulouse. Elle évoque sa vie, ses origines métissées bien qu’elle n’ait encore jamais été au Vietnam, l’Allemagne, son amour de la campagne, sa passion de l’écriture, de la poésie qui lui a permis de verbaliser et de dépasser une période tragique de sa vie. Elle dit son admiration pour l’éditeur de « Caractères » aujourd’hui décédé Bruno DUROCHER auquel elle dédie son futur recueil. Lecture de textes parus à « Caractères » dans des revues et extraits des recueils d’Encres Vives « Revers d’Encre » et « La Morsure ». Le poète Christian DEGOUTTE dit de ce dernier recueil assez bouleversant : « L’écriture de Régine Ha-Minh-Tu est sans effets de manches ou de religiosités. Au plus près des souffrances et des jouissances du corps et de l’âme. Elle veut faire entendre la voix d’un petit être humain dans le fracas du monde : saisir l’instant / dans ce moi passager.»

C’est en cernant la poésie dans l’humilité, le quotidien, le silence, le vide que Régine Ha-Minh-Tu fait entendre sa voix dans ce qu’elle a d’unique, d’irremplaçable et délivre dans le même temps, parce qu’il s’agit d’une œuvre poétique authentique, un message universel.

 

 
 
26/01/12
 
 

L’émission est consacrée aux poètes cubains qui ont été emprisonnés pour délits d’opinion et délits de poésie.

Evocation de la grande figure du poète :

Armando VALLADARES emprisonné de 1960 à 1982 avec des dizaines de milliers de prisonniers politiques dans les geôles castristes. Lecture de textes extraits de « Prisonnier de Castro ».   Evocation du poète cubain Ricardo GONZALEZ ALFONSO. Il était journaliste indépendant à Cuba. Sa libération est intervenue lundi 12 juillet 2010, avec plusieurs autres journalistes et opposants politiques cubains. Originaire de La Havane, Ricardo González Alfonso avait été arrêté en mars 2003, lors du ‘‘Printemps noir’’, avec 27 de ses confrères. Agé de 60 ans, marié et père de deux enfants, il avait été condamné le 7 avril 2003 à vingt ans de prison pour ‘‘actes contre l’indépendance et l’intégrité territoriale de l’Etat". Il était à l’époque président de la Société Manuel Márquez Sterling, une association de journalistes interdite, et dirigeait la revue De Cuba, la première revue indépendante publiée sur l’île depuis l’instauration du régime castriste. Lecture de poèmes extraits de «Hommes sans visages» Ils ont donné l’ordre. Je n’ai plus ma liberté. Mais je suis libre.   Evocation de Maria Elena CRUZ VARELA arrêtée à La Havane en 1991, emprisonnée 2 ans avant d’être exilée à Madrid. Lecture de ses poèmes extrait de « L’ange épuisé ».   Lecture d’extraits de : « Voix contre la peur » aux éditions BUCHET CHASTEL collection POESIE 10 euros 143 pages.

 

                                                                  

    Armando                          Ricardo                                  Maria Elena

VALLADARES                GONZALEZ ALFONSO             CRUZ VARELA

 

 
 
19/01/12
 
IMASANGO
 
 
 
 
Bruno DOUCEY
 
 

 

 

Comme pour confirmer que les femmes occupent une place prépondérante dans la poésie d’aujourd’hui, la revue Encres Vives (2, allée des Allobroges 31770 Colomiers le n° 6,10 € abonnement 12 volumes 34 €) dans son n° 401 publie un recueil de Véronique JOYAUX « Lampe votive » couverture illustrée par Claudine GOUX, et dans son n° 403 un recueil de Patricia CROS « Sédimentaires suivi de La soif des hirondelles » ; enfin le n° 402 est consacré à une nouvelle série d’Encres Vives « Arrêt sur image » qui comprend un extrait d’une œuvre en cours et différents regards sur une récente publication. Cette fois-ci c’est Michel COSEM qui inaugure le genre avec des extraits d’un livre à paraître : « Ainsi se parlent le ciel et la terre » et des critiques de ses livres de poèmes et romans. Pour ne pas réduire le temps de parole aux invités de l’émission, ces trois publications feront l’objet d’une présentation lors d’une prochaine émission. D’ores et déjà leur lecture est vivement recommandée aux auditeurs.

Christian Saint-Paul reçoit le poète Bruno DOUCEY éditeur des éditions éponymes et Madame IMASANGO qui vient de faire paraître chez cet éditeur  « Pour tes mains sources » 96 p 13 €.

Bruno DOUCEY à partir d’une citation de Pierre SEGHERS :

« Si la poésie ne vous aide pas à vivre faites autre chose.

Je la tiens pour essentielle à l’homme,

autant que les battements de son cœur. »

raconte son parcours, né en 1961 dans le Jura, professeur de lettres, auteur de critiques d’ouvrages sur Modiano, G.Le Clézio, Ponge, C.Roy, J. Tardieu etc. directeur des éditions Seghers en 2003 puis créateur de sa propre maison d’édition éponyme. L’esprit de résistance cher à Seghers anime fortement Bruno DOUCEY qui a consacré un roman au chanteur chilien Victor JARA , une biographie à LORCA « Non au franquisme » et publie de la poésie de combat comme « Que toute chose se taise » du poète tunisien Moncef OUHAIBI. Bruno DOUVEY accompagne le récit de son aventure créatrice par la lecture de ses poèmes.

IMASANGO dialogue avec Bruno DOUCEY qui révèle les circonstances de la découverte de son auteure dont il a lu des poèmes en Nouvelle Calédonie et qu’il a recherchée pour la publier. Des textes d’IMASANGO figuraient déjà dans l’anthologie « Outremer - trois océans en poésie ». Née à Nouméa, elle séjourne en brousse où elle retrouve les racines de son métissage ; plus tard elle effectue des études littéraires en Europe et en Amérique du Sud. Elle est passionnée de musique, de danse, de calligraphie et a préféré longtemps « exposer » ses poèmes plutôt que les publier. Heureusement Bruno DOUCEY nous fait connaître cette voix singulière, envoûtante par sa sensualité, sa musique et sa légèreté qui témoigne de la sérénité d’une spiritualité heureuse. Elle explique sa démarche, son bonheur d’écrire, de créer, de partager sa joie d’être au monde, et sa passion pour cette terre chaude de Nouvelle Calédonie. Elle lit des extraits de « Pour tes mains sources ».

Un recueil à lire sans attendre !

L’émission « les poètes » rendra compte du cheminement d’IMASANGO et espère faire entendre de nouveau à l’antenne cette voix originale et fraternelle de la francophonie. Les auditeurs sont invités à suivre la publication des livres édités par Bruno DOUCEY qui réalise un grand travail de diffusion de la poésie authentique d’aujourd’hui et accessible à tous du fait de la modicité du coût des ouvrages. 

   

 
 

 
 
12/01/12
 
Taoufik BEN BRIK
 
 

 

 

Christian Saint-Paul invite les auditeurs à assister le vendredi 13 janvier 2012 à 20 h 30 au récital donné par Bruno RUIZ à La Gare aux Artistes route de Lavaur à Montrabé ayant pour titre « Ode au temps qui passe » ; c’est un long poème parlé et chanté par Bruno RUIZ, composé et interprété au piano par Michel GOUBIN. Il s’agit là de retrouvailles exceptionnelles des deux artistes vingt cinq ans après leur mémorable Printemps de Bourges. Le spectacle sera ensuite présenté à la CAVE-POESIE RENE GOUZENNE à Toulouse du 28 février au 10 mars 2012. Diffusion de « Hom-Louve » de Bruno RUIZ extrait de son album « Après ».

Cette émission ayant pour vocation fondamentale de contribuer à la connaissance et à la diffusion de la poésie contemporaine, il est nécessaire de rapporter aux auditeurs le travail souvent exceptionnel auxquels se livrent les éditeurs de poésie dont leur passion est vitale pour que cette forme d’expression artistique spécifique puisse se propager pour le plus grand bien de l’humanité. Les revuistes et les éditeurs sont donc à l’honneur dans « les poètes » et parmi ceux-ci Bruno DOUCEY poète, éditeur des éditions éponymes qui nous livre régulièrement des ouvrages qui ancrent la poésie d’aujourd’hui dans l’Histoire littéraire.  Vous pourrez constater sur ce site à la rubrique « Parutions » que les publications de cet éditeur sont nombreuses, d’une haute volée de qualité et à la pointe de l’actualité poétique. Ce travail magnifique, alors que le marché est toujours fragile bien que les poètes de qualité soient nombreux, est l’œuvre d’un fou de poésie qui est poète lui-même. Il sera l’invité de Saint-Paul dans le studio toulousain de Radio Occitania la semaine prochaine. En avant première, on écoute un extrait de son « Oratorio pour Federico Garcia Lorca et autres poèmes » avec Pedro SOLER à la guitare ; ce CD est diffusé par les éditions « Sous La Lime » http://souslalime.free.fr  ; le morceau choisi est « Exhumation suivi de Epilogue ». Dans ce dernier poème Bruno DOUCEY évoque MACHADO :

Pour Antonio Machado mort en exil à Collioure

Homme fier dont le romancero offre à l’Estrémadure

Le plain-chant de l’amour et des chansons de France

A capella de Soria banni

MACHADO qui a laissé un des chefs d’œuvre de la littérature du XXème  siècle « Juan de Mairena » dont la traduction française intégrale a enfin été publiée par les Editions de Rocher collection Anatolia 440 p 22 €. Lecture d’un bref extrait : Machado se souvenant des vers du poète Enrique Paradas

L’homme, pour être un homme vrai,

a besoin d’avoir vécu,

d’avoir dormi dans la rue,

de n’avoir pas mangé parfois.

voit dans ce couplet un échantillon sincère de l’âme espagnole.

 

Bruno DOUCEY a fait paraître à ses éditions « Que toute chose se taise » de Moncef OUHAIBI  (voir sur ce site l’annonce commentée à Page d’accueil ou plus tard à « Parutions ») poème écrit à la gloire de ce vendredi 14 janvier 2011 qui marqua le début de la révolution arabe. « Ce poète tunisien s’inscrit dans la tradition des poètes, lyriques et insoumis, qui donnent un visage à l’avenir » nous dit son éditeur. Nous aurons l’occasion la semaine prochaine d’en reparler, mais les poètes sont toujours les précurseurs des grands mouvements et leurs cris alertent l’humanité de leur colère.

Avant  Moncef OUHAIBI un poète tunisien avait hurlé sa rage de voir son peuple courber l’échine et être bâillonné par le régime dictatorial de Ben Ali, c’était Taoufik BEN BRIK ; ce rappel historique est important.

L’émission lui est en conséquence consacrée. Journaliste, écrivain, poète il est né le 9 novembre 1960 à Jérissa, localité minière du nord-ouest de la Tunisie. Il s’illustre par son opposition violente à Ben Ali et par ses grèves de la faim et sa peine de six mois de prison. En 2010 il publie dans un hebdomadaire tunisien un pamphlet sur Ben Ali. L’hebdomadaire est censuré et l’évènement est nié par les autorités tunisiennes. Mais le cri a été entendu. Les éditions Exils/Aloès poésie publient en 2000 « Et maintenant tu vas m’entendre » en bilingue arabe français. Ce poète de combat offre là une chronique de ces années de plomb de la Tunisie. Ben Ali y est présent sous les pseudonymes de l’Ogre, du maître d’école, de Khannibal. Mais la poésie éternelle de l’Orient arabe rayonne aussi dans ce recueil dont l’édition arabe fût aussitôt interdite en 2000 par le gouvernement tunisien.

Lecture de larges extraits du livre.

Enfin, Saint-Paul annonce la venue la semaine prochaine avec Bruno DOUCEY de Madame IMASANGO qui a publié chez lui « Pour tes mains sources »  90 p 13 €. Née en Nouvelle-Calédonie elle a passé son enfance entre Nouméa et la brousse avant d’effectuer des études en Europe et en Amérique du Sud. Trois de ses poèmes avaient déjà été publiés dans l’anthologie Outremer – Trois océans en poésie souvent signalée dans l’émission « les poètes ».    

 

 
 

 
 
06/01/12
 
Emanuel CARNEVALI
 
 

 

 

Christian Saint-Paul signale que le n°22 de la revue bimestrielle Pages Insulaires   a paru ; son thème bien représenté sur la 1ère de couverture par un collage de Cathy GARCIA a pour titre : « Les armes ou l’écriture ? » « Comme si l’écrit n’était pas une arme… » rappelle  Christophe LAKOMY un des nombreux talentueux auteurs  qui ont participé à ce sommaire où on retrouve les acteurs reconnus de la poésie d’aujourd’hui tels, entre autres, Georges CATHALO, Christian DEGOUTTE, Anne MOUNIC, François HUGLO, Alain FREIXE et le philosophe toulousain Robert REDEKER ; voir sur ce site  (page d’accueil et plus tard « Parutions ») l’éditorial de Jean-Michel BONGIRAUD et les deux couvertures. A lire pour le moral !

5 € le n° abonnement 20 € à adresser 3 Impasse du Poirier 39700 Rochefort-sur-Nenon.

 

Saint-Paul dit aussi son enthousiasme à la lecture du livre de Philippe MATHY « Barque à Rome » aux éditions L’Herbe qui tremble 186 p 15 €.

« Pour peu que nous soyons réceptifs, tout ici-bas nous interpelle, requiert l’attention de nos sens. Mais plus nous sentons, plus nous tentons de vivre notre appartenance, et plus s’insinue en nous l’impression d’être exilés, comme si le monde lui-même nous confiait qu’il n’est pas de ce monde. » écrit cet auteur belge né en 1956 et qui a obtenu le prix Georges Perros en 2009 pour son recueil chez le même éditeur « Un automne au creux des bras ». Voir signalement de ce livre sur ce site page d’accueil et plus tard à « Parutions ».

 

L’émission est consacrée ensuite à un poète italien qui a beaucoup écrit en anglais Emanuel CARNEVALI (1897  1942).

Peu traduit en français, ce poète qui a vécu dans une foi douloureuse de la poésie doit être lu et connu. Sa vie tragique ne doit pas rester vaine alors qu’elle a nourri une des créations  poétiques parmi les plus spontanées et les plus originales du XXème siècle. Cette œuvre d’une grande oralité est faite pour être lue à voix haute comme un témoignage social et spirituel d’une époque, celle où les U.S.A. dans les vingt premières années du siècle dernier accueillaient en masse les immigrants. Fuyant la brutalité de son père il débarque à New York et très vite apprend la langue anglaise, l’Amérique devenant pour lui le lieu emblématique de la création poétique, seule chose qui l’ait vraiment intéressée.  Sa vie matérielle fût pourtant une vie de misère mais il se lia d’amitiés durables avec ceux qui allaient signer cette époque : le cercle d’Ezra POUND, William CARLOS WILLIAM, Sherwood ANDERSON etc.

Syphilitique, frappé d’encéphalite, il quitte brutalement les U.S.A. en 1922 pour l’Italie et pour une vie de souffrances à l’hôpital et il meurt vingt ans plus tard sans être oublié de ses amis américains.

Sherwood ANDERSON témoin privilégié de la vie de CARNEVALI qu’il hébergea chez lui à Chicago, raconte ce personnage tourmenté dans sa quête dolosive d’une sérénité poétique qu’il pressentait sans jamais l’atteindre.

Lecture de textes d’Emanuel CARNEVALI extrait de la seule traduction française « Mensonges en couleurs » publiée aux éditions du Rocher collection Anatolia  135 p 16,90 €. 

 

 
  29/12/2011
 

 

 
 
   

Dans le prolongement de l’émission de la semaine dernière, on écoute « Lettre à Jules Supervielle » poème de René-Guy CADOU mis en musique avec les arrangements de Christian LABORDE  et chanté par Martine CAPLANNE.

L’émission est ensuite consacrée à deux femmes poètes roumaines francophones qui illustrent parfaitement que les femmes occupent une place majeure dans la création poétique de notre époque.

Ces femmes poètes reconnues aujourd’hui dans le monde entier sont emblématiques de deux générations qui se sont succédées pour illustrer la sensibilité roumaine des années 80 aux années 2000.  Toutes les deux sont symptomatiques de l’émancipation sans réserve de la femme et d’une audace verbale qui les a propulsées parmi les auteurs universels de notre siècle.

L’aînée Rodica DRAGHINCESCU est née en novembre 1962 à Buzias en Roumanie ; elle a publié des livres de poèmes, des romans, des essais et a traduit de nombreux auteurs roumains en français et réciproquement.

Dès la chute du régime de Nicolae Ceausescu, elle devient emblématique de la nouvelle génération d’écrivains roumains violemment non conformistes, que l’on a appelés la génération « 90 ». Le ton des écrits (dont ses poèmes écrits en français) de la jeune poétesse est d’entrée provocateur et subversif. Universitaire en Roumanie jusqu’en 2005, elle gagne la France en 2005 pour rédiger à l’Université de Metz une thèse de doctorat. Depuis, très active dans la diffusion de la poésie, elle se produit dans des lectures performance et des ateliers d’écriture. Elle est lauréate de nombreux prix en Italie et en Roumanie.

Lecture de son poème publié en 2004 dans la revue Poésie1 n° 38 : « Ce qui touche à la perfection » (texte avec manivelle et papillons) et d’extraits d’entretiens.

 

La cadetteLINDA MARIA BAROS   née en 1981 en Roumanie a été élève à l’Ecole centrale à Bucarest puis au lycée Victor-Duruy à Paris. Elle a fait ses études universitaires à la Sorbonne et en partenariat avec l’Université de Bucarest pour son doctorat qui portait sur la littérature comparée. Membre de l’Union des Ecrivains de Roumanie, directrice de la revue VERSUs/m de Bucarest elle dirige « le Printemps des Poètes » en Roumanie ; elle est membre du jury international de poésie du prix Max Pol FOUCHET remis chaque année à Lourdes.

Lecture d’extraits de « L’Autoroute A4 et autres poèmes » Cheyne éditeur 68 p 15 €.

 

Deux voix superbes à suivre.

 

  

 

       LINDA MARIA BAROS                              Rodica DRAGHINCESCU

  

 

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